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Carnet de campagne – Ce qu’il ne faut surtout pas dire en campagne électorale !

11 juin 2021
Carnet de campagne – Ce qu’il ne faut surtout pas dire en campagne électorale !

Attention, cet article est orienté politiquement ! 

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis un néophyte en politique. La campagne des régionales est la première à laquelle il m’est donné de participer en tant que candidat sur la liste de Bretagne ma vie. 

Et bien je peux vous assurer que ce parcours est semé d’embûches. Aussi me dois-je, par altruisme élémentaire, d’aviser tous ceux qui songent à s’engager en politique de ces quelques chausses trappes, que tout candidat aguerri doit savoir éviter. 

Naïf j’étais, mais j’ai quelques circonstances atténuantes. Ayant toujours dit le fond de ma pensée, sans trop de réserves, dans différents écrits, j’ai cru bêtement qu’en politique et bien,  c’était pareil.

Et bien non ! La politique, c’est particulièrement codifié.

Surtout ne dites pas ce que vous pensez.  Quelques exemples suffiront à vous en persuader.

Ne dites pas que vous pensez que les partis politiques ont échoué depuis 40 ans en Bretagne, surtout pas. Vous prendriez le risque d’outrager tous ceux qui considèrent que critiquer un parti consiste à critiquer la démocratie, donc les droits de l’homme.

Ne dites surtout pas combien vous être heureux d’avoir pu contribuer à un projet global pour mieux bâtir l’avenir des Bretonnes et des Bretons, dans l’esprit constructif et quelque peu naïf de ceux qui ont encore quelques illusions de pouvoir transformer les choses, vous heurteriez ceux qui considèrent qu’hors parti, aucun projet ne vaut et ils ne manqueront pas de vous le rappelez sur les réseaux sociaux

Mais surtout, ne dites jamais que l’état d’esprit qui prévaut au sein de votre mouvement politique est on ne peut plus positif, qu’il n’a rien à voir avec cette lutte perpétuelle des places, des petites combines et autres alliances politiques. Surtout pas !  Il vous en cuirait. 

Vous rencontreriez aussitôt l’opposition farouche de ceux qui ont fait alliance et tiendraient vos propos comme une remise en cause de leur propre conduite, seule conforme à la doxa démocratique. 

Il s’en trouverait même qui iraient se plaindre habilement à la maîtresse, pardon à votre tête de liste des propos antidémocratiques tenus par l’un de ses colistiers. Lorsque cela m’est arrivé, je peux vous assurer que j’ai vraiment eu peur du retour du bâton…. Non mais quel idiot j’étais ! 

N’allez surtout pas afficher bêtement votre surprise sur les réseaux sociaux au sujet de la classification de votre mouvement par les auteurs d’un questionnaire sur les langues, alors que vous pensez être le meilleur élève de la classe. Non, vous seriez aussitôt dénoncé pour avoir commis un crime contre le mouvement culturel breton.

Donc faites bien attention à ce que vous diriez en pareille posture. 

Et puis, n’allez surtout pas leur dire que le positionnement dogmatique des Verts, hostile à l’esprit du CELIB, nous conduira tous à la catastrophe économique. S’il ne tenait qu’à eux, vous vous retrouveriez vite à l’ANPE !  Ou !  la grossière faute démagogique ! 

Enfin, n’allez pas leur dire que le risque d’inconstitutionnalité de la loi Molac a été mal mesuré, et qu’au final nous avons reculé de trois cases, et pire encore, que la survie de nos langues est désormais menacée par la décision du Conseil Constitutionnel. Non, vous commettriez là encore la faute grossière du débutant consistant à ternir l’image de Paul Molac, individu admirable au demeurant. 

Et puis le fameux syllogisme qui tue. Robert a fait du pédalo étant jeune avec Baltazar. Baltazar, nul ne l’ignore, est un odieux fasciste. Robert est donc un fasciste. Face à cette logique impitoyable, il n’y a plus aucun discours qui tienne. Et nous le sentons venir ce syllogisme redoutable, avec ceux qui explorent le passé de nos candidats. 

Il nous est reproché d’avoir dans notre liste, des individualités qui auraient fait du pédalo avec Baltazar étant jeunes ou auraient eu, à une certaine époque, une pensée hétérodoxe. Alors moi j’ai beau dire que, s’ils nous ont rejoints aujourd’hui, et bien c’est qu’ils ont trouvé leur chemin de Damas et donc la lumière ! Mais rien n’y fait…Pédalo un jour, pédalo toujours.

Alors je me suis assis et je me suis mis à réfléchir. Si l’on ne peut pas dire que l’on veut faire bouger la société sans porter ombrages aux partis, ou à tous ceux qui ne bougent pas. 

Si l’on ne peut pas s’extasier de l’esprit de projet qui règne au sein de son mouvement sans prendre le risque de traiter les autres d’arrivistes ou de parvenus.  

Si l’on ne peut plus vouloir réinventer la politique sans s’abîmer dans le populisme, moi franchement, je ne sais pas faire.

Alors sans doute avec un peu plus d’habileté dans le choix des mots, peut-être pourriez-vous exprimer votre volonté de changer les choses sans porter ombrage à ceux qui ont manifestement échoué depuis quarante ans . Zut, j’ai encore été trop loin !

Mais franchement. La politique devient une sorte de campus américain où le débat n’existe plus, où l’on ne peut plus avancer une idée sans être cloué net au pilori par ceux qui détiennent la vérité absolue sur toute chose, et vous lève une pancarte au nez ou vous crie un slogan à la figure. 

Et finalement, je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas céder à l’intimidation, mais lutter contre toutes les formes de sectarisme et poursuivre son petit bonhomme de chemin, dire les choses comme on le pense mais toujours dans le respect d’autrui. Si on cède à l’intimidation, on cède sur le débat et sur la démocratie.

La démocratie est ce qui nous rassemble à condition d’accepter le principe du débat, y compris sur ce qui fâche vraiment. Je viens de comprendre que ce sont justement les choses qui fâchent qui appellent ce tir de barrage, pour que l’invective prenne la place de la pensée.

Le débat est la meilleure manière de passer au crible le bienfait d’une idée ou d’un positionnement politique. Mais le débat suppose la liberté d’expression.  Il faudrait peut-être le rappeler à certains. Non, il ne faut surtout pas céder, car sinon, nos braves citoyens seront tentés d’enfourcher leur pédalo pour se soustraire à la pensée unique. Et alors là, ce sera beaucoup plus grave. 

Yvon OLLIVIER

2 réponses

  1. Magnifique !
    Est ce que je peux illustrer ce qui se passe en coulisse…loin des débats télé…
    Ce matin j accompagnais ma maman pour un rdv Medical de 2h à Theix et comme je suis candidate sur la liste Bretagne ma Vie, pas le temps de lire dans la salle d attente!!
    Boitage , rencontres avec les gens dans la ville…
    Une femme d une 50 aine d années : grand sourire quand elle voit le Flyer de Daniel Cueff, dit qu elle n en veut pas car elle et son réseau vont voter pour lui!
    «  depuis l âge de 18 ans je vote pour les Verts et je suis toujours déçue !
    Au moins lui sait de quoi il parle depuis Langouet, c est un homme de convictions !! »
    Et quand je lui ai dit qu il avait fait un prêt personnel et que de nombreux dons de citoyens permettent de financer sa campagne…
    Elle répond : « mais c est tellement courageux que je vais le dire autour de moi. Voilà l homme qu il nous faut!! »
    Ensuite, je croise le facteur à plusieurs reprises et on se fait des coucou !
    Il s arrête pour voir ce que je distribue et me dit:
    « Ha, sans partis politiques …finalement c est sûrement ce qu il nous faut !! »
    Cerise sur le gâteau, je raconte ça à ma maman, de 84 ans, sur le retour…
    «  hum..Ils ont raison ces gens là! J ai toujours voté socialiste mais je vais changer et voter pour vous et puis je vais le dire à mes sœurs et aux cousins ! « 
    Ça monte pour Bretagne ma vie dans les chaumières 😂😂😂

  2. Jusqu’à présent on a fait confiance aux candidats qui se présentaient, ils allaient enfin répondre aux attentes des citoyens, et à chaque fois il y a eu des tractations pour éliminer l’adversaire, la peur a été le moteur des choix, et rien n’a changé ! avec le changement climatique, avec la destruction de la biodiversité, la convention citoyenne qui a accouché d’une souris, tous les candidats aux régionales sont devenus écolos ! les promesses continuent quitte à vendre son âme. Pour moi, c’est fini ! Enfin Bretagne ma vie avec Daniel Cueff, répond à mes attentes, à celles des Bretons, il a fait ses preuves, et s’engage en toute indépendance, à défendre les valeurs bretonnes, ce beau territoire unique, aux richesses naturelles, diversifiées, culturelles, pour une agriculture respectueuse des sols, des humains, des énergies diversifiées , du partage , du bien vivre ensemble, du droit au logement pour tous, loin des égoÏsmes, du chacun pour soi, on sent la sincérité, autour d’une équipe motivée, jeune, participative, rassemblée, pour faire de la Bretagne un territoire modèle . les citoyens avec vous pour construire ensemble!

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