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Carnet de campagne : « Pour dire, ça va super ! »

14 juin 2021
Carnet de campagne : « Pour dire, ça va super  ! »

Attention , ceci est un article orienté politiquement !

J’ai toujours été fasciné par la manière de séparer le vrai du faux. Il faut dire que c’est un peu mon métier. Je me souviens qu’un jour une stagiaire m’avait posé cette question désarmante : « Comment  fait-on pour séparer le vrai du faux ? » 

La stagiaire particulièrement éveillée avait mis dans le mille.  Je lui ai répondu qu’il fallait prendre un œuf , le casser et bien séparer le jaune du blanc, car le jaune c’était le vrai et le blanc le faux ! » J’ai aussitôt ajouté qu’il fallait surtout éviter que le blanc et le jaune ne se mélangent pour disparaître à jamais dans l’omelette.

« Et si c’est le cas ? » m’a t-elle interrogé

« Ben Alors c’est foutu ! »

La politique ne m’a pas semblé échapper à la nécessité de bien séparer le jaune du blanc. Du moins, c’est ce que je croyais. 

Or la politique obéit à ses propres règles. En fait, le vrai, le faux ou bien le jaune, le blanc et bien on s’en fout !

Le blanc ou le jaune, qu’importe. 

Comment est-ce possible ? 

Après avoir beaucoup réfléchi à la question, Je pense avoir trouvé la solution :  le « pour dire enfantin. ».

Les enfants ont cette supériorité sur nous qu’ils savent se fondre dans leur imaginaire, sans éprouver la moindre difficulté avec le réel, le moindre scrupule avec le mensonge. 

Le personnel politique dispose aussi de cette faculté extraordinaire de se complaire dans le mensonge éhonté, au moyen du fameux « pour dire enfantin », le «  pour dire en fait  que c’était vrai ! »

Nous connaissons tous le « pour dire enfantin » :  « Pour dire c’était moi le chevalier et pour dire c’était toi la princesse qui attendait le chevalier enfermée dans le donjon ! »  Je suis désolé mesdames mais le pour dire enfantin est profondément sexiste !

Le pour dire enfantin permet à notre conscience structurée autour du bien et du mal , de s’ouvrir au monde rêvé, au mensonge.

Je prends un exemple : la réponse au questionnaire rouedad, composé de dix questions à répondre par oui ou par non sur le devenir de nos langues. 

Je m’y suis collé avec détermination, en prenant pour appui notre plan Marshall pour nos langues  qui , à mon sens, va bien au-delà du questionnaire.  Je me suis évertué à répondre avec honnêteté, de la manière la plus complète possible , apportant là une nuance, ici un ajout pour aller plus loin.

Mal m’en a pris.  Ma note fut désastreuse. Un 8,5 sur 10. Quand j’ai ramené mon bulletin de note au staff de « bretagne ma vie » je peux vous assurer que je n’étais pas fier.

Il suffisait de dire oui, tout simplement, même pas besoin de développer.  Même pas besoin d’être favorable aux langues, il suffisait de dire oui ! De bons élèves avaient compris comme la France insoumise ou les Verts. 

Le rassemblement national, la France insoumise affichent désormais leur soutien total à nos langues et à Diwan. Comment font-ils ?  «  Pour dire c’était vrai qu’on était favorable aux langues de Bretagne ! » se persuadent-ils.

Mais ça doit leur faire  un peu mal aux fesses quand même ! me suis-je dit. Et bien pas du tout.  Pas de traits tirés, impeccable. 

Ils pratiquent tous comme cela. Chesnais Gerard le premier :  « Je vais favoriser nos langues, obtenir de nouvelles compétences de l’Etat ».. « Vive la décentralisation ! »   chante t-il sans jamais nous dire ce qu’il fera concrètement ,ni comment il agira, surtout que  pour l’instant , il n’a rien engagé sur ces sujets là après plusieurs années d’exercice du Pouvoir. «  Pour dire,  et ben je ferai tout ca » se dit chesnais-Gérard.

A « Bretagne ma vie », nous nous efforçons de penser à des actions fortes, au comment et à réfléchir aux répercussions financières  de nos projets.  Que de temps perdu !  il suffisait tellement de se réfugier dans le « pour dire enfantin ».

Quand je pense que j’ai passé du temps à écrire la « lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne »  pour en appeler à la raison de chesnais-Gerard et des autres.  En pure perte. Je sais que mon livre a été remis en main propre au président de région, mais celui-ci a répondu à l’affront par un « pour dire ce livre n’a jamais écrit, ou « pour dire Yvon Ollivier est une truffe, en fait ». 

On multiplierait à foisons les exemples.  Kergolot encore avec sa mission pour sauver nos langues :  « Pour dire, je serai utile et je trouverai la solution pour sauver le soldat diwan, pour dire, Casteix n’est pas en train de m’instrumentaliser et pour dire je ne suis pas en train d’endormir la Bretagne pour mieux préparer l’étouffement de Diwan ».  

J’ai beaucoup retourné le problème dans tous les sens. Le pour dire enfantin est l’arme fatale contre laquelle on ne peut rien. Les gens y croient à cette réminiscence de l’enfance.   Ils en viennent trop souvent à se dire : « pour dire, Chesnais Gerard  et Kergolot ont raison »

La politique, c’est un retour au merveilleux  pays de l’enfance, ou le rêve et le réel se confondent, où la toute puissance enfantine permet de contourner tous les obstacles. 

Bon, il y a juste un moment où la maison s’effondre, nos langues disparaissent, les algues vertes prolifèrent, Paris nous pompe encore davantage… mais c’est pas bien grave , après tout..

  « Pour dire, ça va super ! » 

Yvon OLLIVIER

2 réponses

  1. Hormis le subventionnement des initiatives locales, comme le souhaite Daniel Cueff, la preuve d’un véritable engagement, c’est de :
    1) permettre la tenue des session du Conseil Régional en langue régionale,
    2) un service public de proximité du Conseil Régional bilingue,
    3) une politique de formation ambitieuse des personnels du Conseil Régional,
    4) un affichage sonore et visuel sur tous les équipements appartenant au Conseil Régional,
    5) un soutien inconditionnel aux organismes développant les langues régionales en Bretagne (B5)…
    J’en oublie certainement, mais, à part le 5, ça ne coûte vraiment pas bien cher mais c’est révélateur d’une volonté politique…

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Accord programmatique

Les Bretonnes et les Bretons qui sont allés voter dimanche ont validé le projet proposé par Loïg Chesnais-Girard et ont aussi exprimé leur volonté de voir l’écologie issue d’une dynamique citoyenne prendre une place plus importante.

Loïg Chesnais–Girard pour la liste La Bretagne avec Loïg et Daniel Cueff pour la liste Bretagne ma vie ont élaboré un accord qui s’appuie sur des dynamiques communes qui enrichissent le projet initial.

Cet accord concerne les apports spécifiques de Bretagne ma vie :

  • Un plan de refus de la misère et la précarité.
  • Une alimentation durable pour les lycées.
  • Une politique de santé et de sécurité sanitaire.
  • Un « Plan Marshall des langues ».
  • Une politique maritime globale.
  • Une accélération de la recherche de solutions avec les agriculteurs.
  • Un plan « abeilles ».
  • Une politique massive de rénovation thermique de l’habitat breton.
  • Un office foncier régional solidaire.
  • Création d’un indicateur économique alternatif au PIB.
  • Un plan mobilité global.
  • Une Chambre citoyenne régionale.

Daniel Cueff 

Loïg Chesnais Girard