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Portrait de Daniel Cueff

18 janvier 2021
Daniel Cueff candidat région bretagne ma vie

«Le climat nous impose d’agir, alors agissons, en Bretagne comme ailleurs !»

Notre rencontre a lieu en juin 2020 à Quimper, à la terrasse du bar le Finistère. Daniel Cueff en a pris l’initiative. Il se rappelle une interview qu’il m’avait accordée l’année précédente pour Civis Podcast.

Il me parle de son ambition de conduire un projet politique pour la Bretagne, projet qui associerait les jeunes à tous les niveaux, de la conception à la mise en œuvre. « Aucune transition écologique n’est possible sans l’agriculture et l’agroalimentaire, poursuit-il, il faut oser sortir du conflit stérile entre écologie et agroalimentaire retrouver l’énergie d’un CELIB avec des objectifs politiques renouvelés ».

Le dire est facile, le faire plus compliqué. Pouvons-nous revoir le logiciel politique des uns et des autres ? Est-il envisageable de travailler dans une approche transpartisane? «Nous n’avons pas d’autre choix, la problématique climatique bouscule notre échelle traditionnelle de valeurs politiques, répond Daniel Cueff. C’est bien le climat qui va orienter nos choix sociétaux. Il est par conséquent urgent d’agir sur les plans économique et démocratique afin de limiter les effets négatifs du changement climatique avec à terme des inégalités aggravées si l’on continue à se satisfaire d’incantation ou, pire, à fuir le problème.»

Plogoff, la révélation

Daniel Cueff est né en mars 1955 à Saint-Pol-de-Léon. Il voyage à l’étranger au gré des affectations de son père infirmier dans la Marine. Un souvenir marquant ? Le tremblement de terre d’Agadir en 1962 et leur rapatriement en terre léonarde, chez ses grands-parents : «Quand j’y pense, j’ai toujours eu un pied en Bretagne et l’autre en dehors ». Et cette vie se perpétue avec ses enfants : «Mes deux petites-filles grandissent à Londres et à Copenhague. J’adore cette ville, très inspirante sur le plan de l’écologie résultant d’orientations politiques courageuses prises dans les années 1970 dans une démocratie beaucoup moins idéologique que la notre mais, pour le coup, plus opérante. En Bretagne, nous avons tous les ingrédients pour s’inscrire dans ce modèle démocratique »

Daniel serait-il devenu écolo s’il n’avait pas été happé à 17 ans, alors lycéen à Quimper, par la mobilisation contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff ? «Les Capistes de tous âges, des femmes beaucoup, s’élançaient de toutes leurs forces contre les CRS pour préserver l’un des espaces naturels parmi les plus beaux du monde ». Ainsi naît une conscience écologiste, dans ce combat épique où il rencontre des jeunes européens venus dans ce bout du monde s’opposer au nucléaire, parce qu’il est dangereux et antidémocratique. «Le centralisme et la technostructure d’Etat posent toujours de sérieux problèmes sur le plan démocratique. Ils imposent des projets sans concertation, contre les populations et souvent au mépris du monde vivant», affirme-t-il avec conviction.

De la Pologne de la rue à Langouët la rurale

Co fondateur en 1980 du théâtre du Point du jour, il est passionné par le théâtre de rue. Witkiewicz, Kantor, autant de dramaturges polonais qu’il cite volontiers. C’est d’ailleurs en Pologne, avant, pendant et après la chute du Mur de Berlin, qu’il dirige un programme européen auprès des enfants dans la rue à Varsovie, Lodz et Katowicze. Comme il l’avait fait quelques années plus tôt à Brest, il fonde les Groupes de pédagogie et d’animation sociale et initie la première licence professionnelle des pratiques éducatives en milieu ouvert.

En 1999, changement de vie. Il devient maire de Langouët, commune d’Ille-et-Vilaine de six cents habitants. Sous son impulsion, le village entame un véritable virage écologique. L’écologie est au coeur de toutes les décisions et ce cap politique, non négociable, permet une forte implication des habitants qui souhaitent s’inscrire dans la démarche validée par les urnes. Résultat de cette volonté et de cette méthode ? Langouët est aujourd’hui autonome en énergie, sa cantine est 100% bio, les logements sociaux y sont écologiques, on y développe une ferme permacole, une filière bois-énergie locale… Bref, Langouët est devenue un village pionnier de l’écologie sociale en Europe. Comme le partage et l’entraide sont des valeurs essentielles pour Daniel, il est à l’origine avec d’autres maires bretons de la création du réseau Bruded (réseau d’entraide entre communes pour le développement durable) fondé en 2005 et qui compte à ce jour 179 communes de la Bretagne historique, «de la Bretagne tout court», dit-il. Un succès dont il est fier.

Comme bien d’autres, j’ai connu Daniel Cueff à la faveur de son combat contre les pesticides de synthèse. Difficile de l’ignorer depuis qu’il a pris le 18 mai 2019 un arrêté à l’origine d’un débat national qui va intéresser la presse mondiale. Cet arrêté interdit l’usage de produits phytosanitaires à une distance inférieure à 150 m des habitations. L’Etat ne le supporte pas, l’arrêté est suspendu par le tribunal administratif de Rennes mais un sondage IFOP a révélé que 96% des personnes interrogées approuvaient la décision du maire. «Les citoyens sont bien plus en avance que les pouvoirs publics !», philosophe Daniel pour qui les jours d’usage des pesticides sont comptés mais pour qui «Il ne faut surtout pas attendre l’interdiction de l’Etat pour s’en passer». Un véritable défi pour l’agriculture bretonne.

Daniel Cueff, une vraie ambition pour la Bretagne

L’engagement de Daniel Cueff

Daniel est marqué par l’empreinte de l’éducation populaire, le souci de l’égalité entre les citoyens, l’autonomie démocratique aussi quand il défend les territoires contre la métropolisation et pour la création d’une Assemblée de Bretagne au sein de la République. Adepte de la frugalité heureuse, indispensable à une planète vivable, Daniel Cueff lance un vrai challenge pour la Bretagne qui passe notamment par la prise de conscience d’une nouvelle génération de chefs d’entreprise : la production doit respecter les territoires, devenir écolo, et les échanges mondiaux être respectueux des uns et des autres.

Daniel Cueff connaît sur le bout des doigts la région Bretagne

Il a été conseiller régional, délégué à l’écologie urbaine et au foncier durant cinq ans. Il dit avoir eu beaucoup de satisfaction à présider l’Etablissement public foncier de Bretagne dédié au logement social et à la protection des terres agricoles. Il en connaît aussi les limites mais il sait que la région Bretagne dispose d’atouts considérables à condition qu’elle sache libérer l’initiative sur les territoires. «Mon ambition pour les élections régionales de mars 2021 est de transposer le modèle de Langouët à l’échelle régionale : un cap politique clair et ambitieux et des projets issus des territoires pour le réaliser. Ce qui passe par un renoncement à la standardisation au profit d’un véritable accompagnement des projets locaux, affirme-t-il. On doit pouvoir y arriver car il y a partout de l’envie et de la qualité».

Benjamin Flohic

2 réponses

  1. La Bretagne est très attractive et le sera de plus en plus, mais elle ne doit pas exclure. Elle doit offrir ses territoires, tous les territoires à tous .
    Il faut inventer des solutions pour le garantir et c’est possible.
    La région doit engager une évolution de ses compétences en cohérence avec les logiques économiques. En effet il n’est pas possible d’imaginer Un développement économique sans salariés proches de leur travail….
    Disposé à un échange
    Bien à vous cher Daniel

  2. il n’est plus le temps d’avoir l’aire , certes même si l’air que nous respirons en bzh est loin d’être sain!!

    il est urgent d’agir pour le climat, pour la transition climatique, le plus tard d’aujourd’hui sera le trop tard de demain!!
    bien cordialement
    MM

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